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Livres
Comment faire enrager les racloirs à parquet
Jeudi 30 Octobre 2008
Pour pisser à la raie pétainiste du juge d’application des peines en matière de terrorisme et à la raie stalinienne des racloirs du parquet de Paris s’escrimant à pousser Jean-Marc Rouillan à se renier lui-même crapoteusement, un bon truc spitant*** : transmuter magiquement les livres récents de notre taulard en best-sellers surprise. Vous vous dites que là, j’ondule grave de la toiture. Ah non, non, j’débloque pas, les loulous, on peut y arriver ! C’est qu’y a une tripotée de mimiles, rebutés par la réincarcération chafouine du mauvais - garnement - ayant - plantureusement - payé - sa-dette, qui vont devoir songer à leurs cadeaux de fin d’année.Et que si la plupart de ces gustaves commandaient dès à présent chez leur libraire plusieurs exemplaires des deux derniers Rouillan (10 et 14 €) à la place des nouveaux morpions des marie-salopes du jour (Amélie Nothomb, Ingrid Bettancourt, sœur Emmanuelle), les intrépides éditions Agone, oú Jean-Marc turbina pendant sa semi-liberté, seraient cocassement acculées, du coup-même, à réimprimer en catastrophe les ouvrages réclamés à son de trompe. Ce qui bouleverserait toutes les lois de la fabrication putassière des succès de librairie, égayerait un peu le pendard claquemuré, ferait grimper à l’échelle les tristes sires l’ayant réexpédié au gnouf, ameuterait les médias friands de coups de théâtre et mettrait une foutue ambiance dans vos réveillons plan-plan : « Tu me rappelles qui c’est, mon petit, ce Rouillan que tu m’offres-là ? Ah, mère-grand, c’est le loustic qui a zigouillé le Général Audran et le PDG Besse. »
***spitant : mousseusement euphorisant en belge



À vous de jouer pour qu’au grand dam des hautes serpillières flicardes et magistrates entendant enterrer vivant l’inmatable Rouillan, ses bouquins cartonnent subitement mieux que le BHL-Houellebecq ou le Dominique de Villepin.
D’autant plus que, littérairement parlant, ça serait tout à fait mérité.

Les Chroniques carcérales et De mémoire (1) de JMR s’avèrent foutrement mieux frigoussés et diablement plus captivants de bout en bout que les actuelles têtes de pont des ventes livres.
Le premier recueille les cinglants reportages sur les joyeusetés du quotidien pénitentiaire en France, livrés chaque mois, entre 2004 et 2007, au nez et à la barbe de la censure administrative, au canard rebelle marseillais CQFD (dont la survie est en péril, agissons !).
Le second, se déroulant en 1971 à Toulouse, décrit avec une verve tout de suite grisante les premières camaraderies, les premières fauches, les premières érections, les premiers complots et esclandres du petit chenapan Jean-Marc.












Autre Rouillan réussi à accrocher sur vos sapins de Noël entre deux couilles dorées : Le Capital humain(éd. L’Arganier), un roman chouaga en phase avec les prochaines mutineries ouvrières oú l’on constate que, de nos jours, quand on sort de prison, on est toujours en prison. Pour Rouillan, en avant !




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