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BHL
Somptueux auto-entartement de BHL
Paris • Mercredi 10 Février 2010



Ce dessin de Sergio est tiré de Siné Hebdo n°76 du 17 février 2010.





LA BOULETTE ATOMIQUE DE BHL
PAR AUDE LANCELIN

Ce devait être le grand retour philosophique de BHL. Patatras! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie ». (...)
Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, cet opus d’environ 130 pages se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, oú l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.
(...)




A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « La Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », oú il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 1999 (et rééditée en 2004) aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».
Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ».

BHL
Le feuilleton Botul continue : BHL victime d'antisémites imaginaires
Arrêt sur images • Vendredi 19 Février 2010
Ce dessin tachiste de Siné provient du Siné Hebdo (clic!) n°76 du 17 février 2010.


D'après France Inter, Le Monde et Slate, le site de Libération aurait été contraint de fermer les commentaires des articles sur Bernard-Henri Lévy et l'affaire Botul face au déchaînement de réactions insultantes ou antisémites. Mais ces médias sont allés un peu vite en besogne. Certains articles sur cette histoire étaient en effet fermés aux commentaires. Mais préventivement, et non à la suite de réactions "nauséabondes".
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