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Cinéma
Les dernières diableries de Jean-Jacques Rousseau par Sartana
Bruxelles • Vendredi 13 Novembre 2009
"Le samedi 7 novembre, Jean-Jacques Rousseau était invité par le Festival International du Film Indépendant de Bruxelles à venir présenter sa "carte blanche" annuelle composée de trois films inédits, trois perles de surréalisme, trois films et trois facettes radicalement différentes de son travail.
LE RETOUR DU DOCTEUR LOISEAU
Pour lancer les hostilités, JJR et son staff présentèrent le film Le Retour du Docteur Loiseau, troisième et dernier opus d’une trilogie mettant en scène une sorte de Docteur Mabuse vicelard profitant de son statut de guérisseur pour kidnapper des femmes, venues le consulter et espérant se faire soigner de divers cancers et maladies en tous genres, dans le but de les revendre à un riche émir bien excité à l’idée de les fourguer aux boxons saoudiens les plus offrants.
Il est important de noter que chez Jean-Jacques Rousseau la réalité, l’envers du décor, les coulisses du tournage sont presque aussi importants et riches que le film lui-même. En bon "happening maker" le fait de connaître la genèse du projet et les aléas du tournage apportent un second niveau de lecture qui enrichit la vision du film. Et Le Retour du Docteur Loiseau ne déroge pas à cette règle.
Philippe Otlet, acteur régulier de Jean-Jacques décédé peu de temps après le tournage du film, et portant ici la double casquette acteur/producteur, rêve de se marier comme dans la vraie vie. Le riz sur la tronche à la sortie de l’église, la belle bagnole blanche et rutilante, le buffet de la mort qui tue, l’ouverture du bal, les demoiselles d’honneur, la lune de miel, ses galipettes et tout le merdier qui va avec. C’est son souhait le plus cher et il propose à Rousseau un deal typiquement edwoodien : "Je te file le pognon nécessaire pour produire ton film et mon personnage se marie". Pas besoin de le dire deux fois. Jean-Jacques saute sur l’occasion et lance immédiatement la production de son nouveau méfait pelliculé.
L’HISTOIRE DU CINEMA 16 n°3
L’Histoire du Cinéma 16 n°3 de Jean-Jacques Rousseau clôt une autre trilogie initiée celle-ci en 1983 par L’Histoire du cinéma 16. Avec ce film au rythme épileptique, à la narration déstructurée et sans véritable fil rouge, JJR réalise une sorte de lexique de son cinéma, de sa carrière, et de lui-même avec en toile de fond le tournage d’un de ses films.
Ce court-métrage est une conclusion sur plus de 40 ans de cinéma libre et décomplexé, Jean-Jacques en profitant pour tirer à boulets rouges sur des pratiques qui le mettent hors de lui, pour se confesser et exorciser ses démons. Tout y passe, de la scripte casse-bonbons en manque de plans de coupes, aux acteurs réticents à l’idée de tourner pour un tyran peu respectueux, sans oublier les monstres en tous genres, les panneaux inter-titres empruntés au cinéma muet et un JJR prisonnier de son éternelle condition d’auteur maudit et incompris du grand public.
LES COMPAGNONS DE JUSTICE
Eveline Scrève, spécialiste ès JJR et pion essentiel de son équipe, s’est lancée depuis plusieurs années dans une lourde entreprise de réhabilitation des premiers méfaits pelliculés de Rousseau par la remasterisation de ceux-ci. Telle une archéologue elle déterre, dépoussière et nous permet de redécouvrir des films oubliés et invisibles depuis presque 30 ans.
Après le conte macabre Germaine Grandier et Catalepsie, un film concept, jouant sur une narration par point de vue unique inspiré par La Corde d’Alfred Hitchcock, Eveline nous propose Les Compagnons de justice qui ponctue en beauté une soirée riche en découvertes ainsi qu’une autre trilogie, thématique cette fois-ci, celles des "enterrés vivants".
Voir ces films tournés en 16mm dans les années septante permet de se rendre compte qu’à cette époque JJR découpait, pré-montait et stylisait sa mise en scène. (...)"

Source: cinemafantastique.net, un article de Sartana



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