Recevoir la newsletter
Tirons nos épées...

Pour Jacques Charlier
Analyses fute-fute
L'affaire Plastic: le non-événement de l'été
Bruxelles • Samedi 31 Juillet 2010
The King of the Divan par Jacques Charlier

On finit toujours par partir en embrassant la mauvaise personne. Andy Warhol.

Si l'on mettait le temps du plastique en sique-sique, on ne perdrait pas son temps de temps en temps. C'est pourtant ce que les médias nous font en panne de ragots politiques. Nous ressortir en grande pompe l'affaire de la vraie voix de Ça plane pour moi, un vieux secret de polichinelle pour deux lignes bas de page nécrologique . C'est-à-dire combien inconsciemment, certains voudraient faire la peau au seul artiste qu'Andy Warhol ait désiré rencontrer lors de son unique passage à Bruxelles (1). C'est injuste car celui qu'on fait passer pour un usurpateur, un faussaire, un minus qui se fait du blé avec le talent des autres est un de nos plus grands artistes de variété internationale. Les ricaneurs feraient bien d'aller consulter sa bio pour s'apercevoir que sa carrière de vrai chanteur n'est pas du pipeau. Que peut-on reprocher à notre ludion : Sa légèreté ? Sa bonne humeur ? Sa gentillesse ? Sa capacité de passer d'un média à l'autre avec plus ou moins de succès et de ne pas s'être borné à se casser la voix ? Si Lou Deprijck a bien été le voxographe du texte écrit par lui et Yvan Lacomblez, ce n'est quand même pas lui qui est monté au charbon ! Plastic a été plus qu'un playbackeur, il a été le cascadeur, le preneur de risques et brûlures, l'enfant de la balle de tous les excès. Celui qui a créé et entretenu une image unique au monde et influencé bons nombres de stars. Qui est encore assez naïf pour croire que ce que l'on voit sur un écran ou qui sort d'un baffle n'est pas trafiqué? La plus basique table de mixage permet de mettre de l'écho, de la réverb, de la profondeur, changer de tonalité. En gros le pouvoir de ne plus chanter faux et d'attraper une pêche qui n'a plus rien à voir avec l'original. Idem pour les trucages vidéos et les doublures de scènes à risques. Doubler est un job à part entière. En veut-on à Bruce Willis d'avoir la voix de Patrick Poivey ? A Whoopi Gold d'avoir celle de Maïk Darah. Peux-t-on reprocher à Philippe Peythieu et Véronique Augereau de ne pas avoir la voix originale des vrais Simpson ? Cette bagarre d'oreillers du show-bizz, répercutée à cor et à cri (au delà des contradictions de Plastic) vise à mettre en balance son talent de chanteur et d'homme de scène. Ce raccourci facile marque bien la désinvolture avec laquelle on peut traiter un non-événement et en faire une accroche quand on n'a rien se mettre sous la dent. Que la presse people fasse ce genre de boulot, on peut comprendre. Que les autres en fassent des sujets de polémique passionnés en tapant sur le clou, on se pose des questions. Nous, on s'en fout, avec ou sans la voix de ch'ti Lou, Plastic nous fera toujours planer et sera à jamais notre King of the divan.

Jacques Charlier .

1) A ce propos, Jean Pol Stercq (photographe du journal Tintin ) aurait il dû intenter un procès à Warhol pour avoir utilisé ses photos pour sérigraphier les portraits d'Hergé en 77 ?





Conception gloupinesque du site : Sylvain Savouret • Mise en pages et en dessins : Sylvie Van Hiel