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Ingrdients pour un bel attentat ptissier

Une belle victime : arrogante et m’as-tu-vu courtisée par les racloirs à parquets.
Une belle tarte à la crème : immaculée (chantilly pur jus pur sucre) ou métissée (acoquinée à du coulis de fruit, du chocolat, du beignet, du pâté, de la liqueur ou n’importe quel croquembouche moelleux).
Un bel équipage flibustier : Avec, au minimum, un bras frappeur, un(e) photographe et un(e) vidéaste. Et puis, pour bien faire, un(e) auxiliaire dissimulant la tarte, une maquilleuse-costumière si besoin est, des guetteurs, des protecteurs et des tueurs à gags de rechange.
Une belle tenue de combat : Dans la plupart des cas Georges le Gloupier a opéré en smoking avec un nœud papillon, des lunettes et une barbe carnavalesque. (Les journaux ajoutent parfois “et avec une ridicule perruque” alors qu’il s’agit bel et bien là, tronc de dious !, de ma crinière naturelle). Et il est souvent arrivé qu’il se démultiplie étrangement.

C’est ainsi qu’au cours de la chasse au Bruel qui s’est déroulée à l’intérieur de l’opulent hôtel Amigo de Bruxelles, sept Georges le Gloupier répondant au même signalement écumaient chacun un des innombrables couloirs du palace escortés par un(e) photographe et un(e) acolyte transportant armes, munitions et appâts (pochettes à dédicaces). Mais c’est travestis en clowns zavattinesques affublés de gros nez rouges que nos aminches entartistes du Québec préfèrent, eux, traquer les ministres.
Un beau plan d’attaque : bien mijoté même si en fin de compte fort peu de gloupineries se sont agencées comme prévu.
Un beau sens de l’improvisation : car, quels que soient les contretemps idiots et les obstacles incongrus à enjamber ou contourner, il va s’agir d’aller droit vers sa cible.
Une belle audace : Vu qu’un moment d’inattention suffit pour qu’on l’ait dans l’fion, le secret de nos succès criminels, c’est d’abord et d’une que nous ne lanternons pas. Dès que notre proie est en vue, en avant toutes ! droit dans le lard ! Et puis, en second lieu, c'est que nos tartes d’assaut, nous ne les propulsons pas sur les cibles de peur de rater le tir (les sportifs piteux dans mon style ne manquant à vrai dire pas dans nos rangs), nous les déposons avec vigueur sur leur groin.
Une belle insouciance : (à la rigueur seulement s’entend car faut-il vraiment que mes enjoués complices et moi-même, nous nous vantions de notre côté truculemment kamikaze ?) Au grand dam de mon amoureuse pivotale Sylvie et de quelques autres fins tacticiens de nos amis, nous ne nous sommes jamais fort soucié, en effet, de nos sorties de scène. Puisque là oú nous frappions, il n’y avait guère d’issues évidentes pour se trisser, nous nous sommes chaque fois dit : "Ouh, tant pis, Jean-Louis !". Tant pis si après coup on se fait poirer par les perdreaux ou avoiner par de tristes sbires, l’euphorie qui flamboie en nous après chaque gloupinisation envoie ces déplaisirs chez Plumeau (j’avoue n’avoir jamais réellement senti , tant j’avais en l’espèce les doigts de pieds en éventail, les coups de poings et de pieds vengeurs de B-H-L et les coups de sacs haineux de sa pétasse).
De beaux cris de guerre : On sait que les "gloup ! gloup ! gloup !" ponctuant nos charges sont assaisonnés de messages météoriques en alexandrins en éclairant les raisons avec une youpitante précision. C’est ainsi qu’étaient libellées comme suit les dépêches-éclairs déposées sur le mufle de :

· Daniel Toscan du Plantier :
"Entartons, entartons,
les pontifiants croûtons !";

· Nicolas Sarkozy :
"Entartons, entartons
les cracks nauséabonds!" ;

· Bill Gates :
"Entartons, entartons,
le polluant pognon !" ;

· Jean-Pierre Chevènement :
"De la part des sans-papiers,
des sauvageons, des Pieds Nickelés !"
Conception gloupinesque du site : Sylvain Savouret • Mise en pages et en dessins : Sylvie Van Hiel