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Jean-Pierrre Bouyxou

Happening Pussy Riot dans une église orthodoxe de Toulouse
Toulouse Dimanche 23 Septembre 2012
Toujours aussi frappadingue : le 5e festival grolandais
Groland Mardi 29 Septembre 2009
La meilleure histoire de la contre-culture
Une vraie étude sur l'Ed Wood du ciné belge
L'Ennemi du peuple de Georges Darien
Editions l'Age d'Homme Samedi 28 Fvrier 2009
Le Déboucheur d'idées
Siné Hebdo Vendredi 05 Dcembre 2008
Choron dernière
Mercredi 22 Octobre 2008
Le redoutable équipage de Siné Hebdo
Dimanche 31 Aot 2008
Vive Google et Siné ! par D.D.T.
nouvelobs.com Mardi 05 Aot 2008
Y a deux pétitions, mille tonnerres !
Mon petit rossignol tyrolien adoré (c’est le p’tit surnom dont je l’ai doté Jean-Pierre Bouyxou depuis qu’il s’est mis à agrémenter les grands messes, au moment de la consécration, de retentissants « Tralala Itou ! » luismarianoesques), mon petit rossignol tyrolien adoré, disais-je, récapitule pour moi gloupitamment tout c’qu’y a de plus irréductiblement unique, de plus audacieusement inventif, de plus maboulement chouaga et de plus frénétiquement dérangeant dans mes héros et personnages préférés (qui sont souvent aussi les siens).
Jeannot-Pierrot s’est toujours avéré être pour moi le plus idyllique des complices mécréants. Il s’est toujours avéré être :
- le plus errolflynnesque des potes (il embroche sur son sabre d’abordage les saloperies avec le panache et l’entrain du capitaine Blood) ;
- le plus louisebrooksien (son corps loulouesque met à feu les libidos) ;
- le plus jeanboyeresque (il a le chic des improvisations de chansonnettes primesautières exhortant au plaisir et à la désobéissance comme dans les fantaisies musicales Le Prince charmant et Prends la route) ;
- le plus sinéesque (il dessine truculemment et a consacré un régalant court-métrage d’animation, Graphity, à ses gribouillis de pissotières anarcho-scato-enragés) ;
- le plus georgesdarienesque (il portraiture mieux que personne Darien et l’anarchisme intempérant fin de siècle, notamment, dans sa flagellante introduction historique à la réédition de L’Ennemi du peuple, L’Age d’Homme, mars 2008) ;
- le plus bobylapointesque (c’est le roi des rois du calembour facétieux. On lit sur un des intertitres de son ébesillant porno libertaire Entrez vite vite, je mouille ! : « la ruée vers l’orgasme ») ;
- le plus abbiehoffmanesque (il a semé la pagaille et l’effroi dans moultes conférences austères, cérémonies pète-sec ou colloques faux-cul autour de la censure) ;
- le plus posadaesque (il manie le pinceau comme Pancho Villa la dynamite explosant dadaïstement toutes les idéologies artistiques);
- le plus desprogesque (Combien de fois n’avons-nous pas pissé de rire ensemble après avoir persécuté nuitamment une fois de plus le colonel Fabry ou après avoir lancé de consternantes rumeurs au Festival de Cannes: « Marcel Martin a une jambe de bois ! » ) ;
- le plus fouriériste (chaque fois que, dans ses écrits ou ses ivresses, il réimagine le monde, c’est à partir de phalanstères oú les moindres désirs et turlutaines de chacun pourraient vraiment se réaliser mélodieusement ;
- le plus offenbachien (il met en opérette son quotidien en chantonnant guillerettement à tout propos avec l’impulsivité aérodynamique du Général Boum-Boum) ;
- le plus SCUM (les deux longs pornos qu’il a fricassés et ses innombrables textes libertins réduisent en charpie les codes sexistes/machistes, misos/masos, sados/phallos et hétéros flics pour appeler à de bouleversantes bacchanales libératrices dont les protagonistes retrouvent l’un dans l’autre l’écho de leur propre plaisir) ;
- le plus bugsbunnyesque (je l’ai souventefois vu narguer cocassement des pères-la-trique et des adjudants pince-dur surexcités en les fixant droit dans les yeux tout en sirotant au goulot du Martini) ;
- le plus mariusjacobien (avec sa majestueuse cape noire de comte Dracula, c’est un remarquable faucheur de livres, de disques, de jouets, de bouteilles de tequila et de croix mortuaires. Mais ce n’est qu’en ma compagnie, à ma connaissance, qu’il chaparde d’ énormes pots de fleurs dans les jardins des beaux quartiers pour faire de beaux cadeaux) ;
- le plus maxstirneresque (son Apologie du terrorisme burlesque et son Ode au terrorisme pâtissier sont de régalants chef-d’œuvres. Ses mots de désordre aussi : « Que leur fatalisme étouffe les résignés ! ») ;
- le plus benjaminpéretesque (c’est en rôdant un cierge allumé à la main dans de répugnants sanctuaires qu’il a composé ses meilleurs poèmes sacrilèges) ;
- le plus mirbeauesque (parmi les textes-clés répercutés dans mon Anthologie de la subversion carabinée que m’a fait découvrir ce balèze connaisseur de la littérature délinquante, il y a la pièce Les Mauvais Bergers qui décrit une chouette grève insurrectionnelle trahie par les cancrelats syndicalistes) ;
- le plus leglouesque (à l’instar du délicieux Le Glou et du fauteur de troubles situ René Viénet, c’est un très inspiré détourneur d’affiches de chansons, de slogans, de films, de pubs, de comic-strips, de tracts et, naturellement, de mineures. Mais c’est aussi un très grand détourneur d’ouvriers. A plus d’une reprise, en effet, nous avons entraîné, Jean-Pierre et moi, dans de monstrueuses orgies de fort honnêtes prolétaires abrutis par le turbin s’apprêtant à rentrer somnambulesquement dans leurs insipides familles) ;
- le plus alphonseallaisien (les prestigieux dindons de ses abominables farces téléphoniques nocturnes n’ayant pas encore avalé leur chique, je continue de la boucler) ;
- le plus catcheur masqué (A bas le fascistoïde sport compétitif-marchand et ses hystériques supporters, aime t-il claironner ! Viva, par contre, le vieux catch désopilant qui s’escrimait, en direct live télévisé, à dépasser louftinguement ses limites scéniques) ;
- le plus cartoonesque (jamais un pendard ne m’a causé avec plus d’émoustillée tendresse que lui des chères Pauline Carton et Jeanne Fusier-Gir. Aucun autre lustucru, par ailleurs, n’a mieux plaidé la cause érotique des femmes obèses, dispensatrices méconnues de voluptés sans nom) ;
- le plus ocarwildien et le plus pétomane (même pendant ses zigzigs épiques, ses proutprouttralalas et ses dégobillades dans les rigoles de la nuit, il reste le plus dandyesque des affreux garnements qui ont la classe) ;
- le plus slapstick comedy (c’est à la fois la réincarnation d’Harold Lloyd et de son élégance loufoque funambulesque, de W.C. Fields et de sa pharamineuse horreur des moutards, des chienchiens, des vieilles toupies, de Toto et de son éventail intergalactique de grimaces, de Bricolo et de son goût pour les expérimentations scientifiques extravagantes, de Lou Costello, Franco et Ciccio, les Trois Stooges et de leurs gondolants gags gagas) ;
- le plus ravacholesque (Clausewitz du terrorisme comique, il a toujours osé préconisé également la pratique enjouée des autres formes jusqu’auboutistes de révoltes épicées) ;
- et c’est le plus piednickeléesque (c’est Croquignol, c’est Filochard, c’est Ribouldingue au mieux de leur forme épicurienne et vandalesque).

Autrement dit, vive Ravachol ! Vive Rossignol !



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